⚡️Cécité hystérique/trouble de conversion, lombalgie chronique⚡️

“En pleine séparation d’avec ma mère, un jour nous nous sommes criées dessus au téléphone et le lendemain je me suis réveillée avec un mal de dos. J’avais dans le dos ce que j’appelais ‘mon couteau’ une douleur aiguë située principalement à gauche dans mon articulation sacro-iliaque 

L’histoire que vous êtes sur le point de lire est une histoire de survie, une histoire de vérité. Merci à l’autrice de partager son vécu avec nous. Le texte original est en anglais, et j’ai traduit en français comme j’ai pu.

“En 2013, j’ai commencé à ressentir des douleurs extrêmes au niveau des hanches. À ce moment là de ma vie j’étais heureuse dans mon couple, mère comblée d’une merveilleuse petite fille de 8 ans, je gérais mon entreprise de produits de soins bio et ça faisait 8 ans que je faisais du yoga quotidiennement. J’avais aussi des antécédents d’anxiété, de dépression, une enfance traumatique, j’étais perfectionniste, je faisais toujours passer les autres en premier, je m’inquiétais facilement, j’étais dure avec moi même et j’étais en train de me séparer pour la troisième fois de ma mère narcissique.

Je me rappelle avoir eu ma première crise de panique à 12 ans, juste après le divorce de mes parents. Enfant j’étais responsable de mon petit frère la plupart du temps et ce jour là au lieu d’aller à l’école j’ai du rester à la maison pour m’occuper de lui car il était malade. Pendant ma crise de panique, j’ai complètement perdu la vue, on m’a emmenée chez le docteur je criais et pleurais de terreur. On m’a donnée un sédatif et je me suis réveillée avec un mal de tête, c’est là que j’ai appris que ce qui m’était arrivée s’appelait Cécité hystérique*. Mes troubles de vision et crises de panique m’ont pourri la vie pendant les 30 ans qui suivirent. Enfant, ado et à l’âge adulte je souffrais aussi de dépression, d’engourdissements, de mal au ventre, de mal au dos, aux genoux et aux poignets, d’insomnies et d’acouphènes. Tous ces symptômes rentraient dans la catégorie des STM** (Syndromes de Tension Musculaire aussi appelés Interactions corps-esprit) . Mes traitements à l’époque focalisaient sur le physique, toujours: docteurs, medicaments, repos, thérapie physique, kiné, chiropracteurs, massages, port de ceinture lombaire…

En 2013 j’étais sous un maximum de pression à la fois d’un point de vue personnel (en étant mère, entrepreneuse, dans mon mariage, et avec des problèmes familiaux) et aussi au niveau physique à cause de mon entrainement de yoga intensif et quotidien. Au fur et à mesure que mes douleurs augmentaient, j’étais de plus en plus terrifiée d’avoir à arrêter le yoga car c’était pour moi la méthode la plus efficace pour contrôler mes symptômes émotionnels et physiques. En pleine séparation d’avec ma mère un jour nous nous sommes criées dessus au téléphone et le lendemain je me suis réveillée avec un mal de dos. J’avais dans le dos ce que j’appelais ‘mon couteau’ une douleur aiguë située principalement à gauche dans mon articulation sacro-iliaque. Je n’avais jamais fait le rapprochement entre mes symptômes et ma relation avec ma mère ou notre dispute.  Les 2 années suivantes, j’étais à l’agonie. J’étais devenue si affaiblie que j’ai failli perdre tout ce qui comptait pour moi. Je ne pouvais plus ni m’assoir, ni conduire, ni faire du vélo ou du sport, je ne pouvais plus cuisiner, ni nettoyer, ni travailler, ni danser, et je pouvais à peine bouger. Je portais des ceintures lombaires, prenais des médicaments, j’ai du fermer mon entreprise brièvement, j’avais des insomnies, j’ai perdu mes cheveux et j’ai maigri de 11 kilos, j’ai perdu des ami.e.s, et je restais alitée entre chaque rendez-vous chez le médecin. On a dépensé environ 25.000 dollars pour que j’aille mieux. J’ai eu un million de diagnostics différents, rien n’a marché. Je ne pouvais plus porter ma fille, ni jouer avec elle, j’étais dépendante de tout le monde, j’étais anéantie . Mon monde s’était réduit à un tout petit cercle de personnes qui étaient restées et s’occupaient de moi et de ma famille. Tous les autres sont partis. J’étais au bord du suicide, et je priais mon mari de prendre les enfants avec lui et de partir. À ce moment là ma mère et moi nous sommes réconciliées et elle savourait le fait de s’occuper de moi et (de prendre le contrôle) de ma vie. J’étais trop malade pour faire quoique ce soit, je ne vivais plus, je subsistais.

En 2015 une amie m’a donnée le livre “Guérir le mal de dos : une relation corps-esprit” du Dr Sarno. Comment osait-t-elle!? Comme si un livre pouvait me guérir de mon mal de dos? J’ai lu quelques pages et je l’ai jeté à travers la pièce écoeurée. À cette époque, j’avais commencé à écouter plein de méditations pour soulager la douleur et j’ai participé à des ateliers et groupes de soutien pour se sensibiliser et se guérir de son enfance.

Pendant un atelier où l’on nous encourageait à exprimer notre colère brute, je me suis complètement lâchée et je me suis défoulée de toutes mes forces sans ressentir aucune douleur physique ni pendant ni après. C’est là que j’ai commencé à remarquer des tendances: certaines personnes, certains endroits, certaines situations avaient un impact sur mes douleurs.

J’ai donc décidé de lire le livre avec un point de vue différent. Je n’avais rien à perdre et pour être honnête rien d’autre à essayer non plus. J’ai lu le livre en 10 heures et j’ai pleuré comme une hystérique, j’ai crié de joie, souligné le texte, lu à haute voix à mon mari et j’ai halluciné tout au long de la lecture. Tout est devenu limpide. C’était ça. C’était mon diagnostic. C’était ce que j’avais! Après avoir lu le livre, mes douleurs ont diminué de moitié. Si ça ne m’était pas arrivée en personne, je n’y aurais pas cru. Mais c’est arrivé. Comme d’autres lecteurs de Sarno à qui s’est arrivé, j’ai été guérie par simple lecture de son livre.

J’étais au 7ème ciel et complètement obsédée par tout ce qui touche aux STM** car je voulais que tout ça disparaisse DE SUITE. Mais en fait c’est pas comme ça que ça se passe et j’avais encore beaucoup à faire. On m’a mise en contact avec une clinique à Los Angeles qui s’appelle The Pain Psychology Center et j’ai commencé des séances avec Christie, une thérapeute géniale. Pendant les 2 années qui suivirent, j’ai viré tous mes médecins, j’ai balancé mes ceintures de soutien, j’ai arrêté les médicaments et j’ai commencé à bouger. Si mes 2 années passées dans la douleur physique étaient difficiles, je dois dire que mes 2 années de guérison étaient encore plus dures. Mais ça valait le coup car j’ai tant appris et tant progressé.

J’ai commencé à dire ce que je pense, à mettre des limites, à guérir mes traumatismes de manière émotionnelle, plutôt que physique. J’étais comme une enfant qui ré-apprenait à tout faire mais lentement avec douceur et gentillesse. Je me suis “reparentée”.

Je peux enfin dire qu’à l’âge de 40 ans j’ai appris à m’aimer pour qui je suis pour la première fois de ma vie. Petit à petit, mes douleurs ont diminué. C’était lent. Et j’avais encore des crises. J’en ai toujours. Bien sûr il restait une personne qui ne me soutenait pas pendant mes progrès. J’ai du lui dire au revoir il y a deux ans pour pouvoir vivre. C’était plus douloureux émotionnellement que toutes les douleur physiques que j’ai endurées, mais c’est ma vérité.


Ça fait maintenant 4 ans que je suis guérie. L’an dernier je n’éprouvais que 10% de mes douleurs ou rien du tout selon les jours. Aucune vie n’est denuée de douleur, mais je me suis libérée de ma douleur CHRONIQUE. Je peux vivre à nouveau! Je danse, je voyage, je conduis, je mange, je fais du vélo, je travaille, je cuisine, je fais le ménage, de l’exercice et j’ai les meilleur.e.s ami.e.s et la meilleure famille du monde. Je cours partout avec ma fille qui est maintenant adolescente et qui connait tout sur les STM. Mon mari ne m’a jamais quittée.


L’étape suivante de ma guérison est d’aider les autres et de faire passer le message. Je parle très ouvertement de ce qui m’est arrivée avec mes proches et maintenant je commence à raconter mon histoire au monde extérieur. L’expression comme arme contre la suppression. L’amour comme arme contre la peur.

Mon mal physique m’a tellement appris. C’est mon signal d’alarme. Il essaie de me protéger. Il m’a bien protégée enfant, mais maintenant que je suis adulte, je peux me protéger moi même. Merci à lui.”

👩‍🏫 *On appelle maintenant la cécité hystérique Trouble de conversion ou Trouble dissociatif de conversion. Selon Wikipedia “Le terme « conversion » obtient son origine de la doctrine de Freud disant que l’anxiété est « convertie » en symptômes physiques.

📖 **On doit le concept du STM (Syndrome de Tension Musculaire ou intéractions corps-esprit) au docteur américain Dr John E. Sarno . L’idée centrale du STM est que les émotions refoulées (particulièrement les colères très fortes car être fou de rage n’est pas accepté par la société) sont la cause sous-jacente de la plupart des maux chroniques. En lisant cette histoire, et tous les traumatismes que l’autrice a traversés on comprend bien pourquoi elle porte énormément de colère en elle.

👨🏻‍⚕️👩🏿‍⚕️Il y a de plus en plus d’arguments scientifiques qui soutiennent la théorie des intéraction corps-esprits ou STM et de plus en plus de professionnels de santé dans ce domaine. Si vous cherchez un.e thérapeute qui comprend l’influence de notre état psychologique sur notre santé physique, les organismes suivants pourraient vous intéresser, mais il faut parler anglais: Pain Psychology Center, SIRPA, PPDA, TMS wiki. Sinon, vous pouvez me contacter, je suis coach certifiée en train de suivre la formation SIRPA.

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