⚡️Fibromyalgie, sténose du canal vertébral, hernies discales…⚡️

Dans cette illustration Tara monte un cheval plutôt caractériel. Je trouve que c’est une bonne représentation de son courage et de sa détermination à dompter ses douleurs chroniques.

Tara nous livre le récit courageux de sa guérison, elle raconte comment le sentiment de honte a été déclencheur de symptômes, et comment sa passion indéfectible pour le cheval l’a aidée à s’en sortir.

“Une enfant de 10 ans, qui regarde un match de basket dans le gymnase de son école. C’était moi. Frappée par l’intensité de ma première crise, une douleur vive, puis une sensation de paralysie m’ont déchiré l’épaule. Pendant les 30 années qui suivirent, cette douleur allait disparaitre et revenir par épisodes. À ça s’étaient ajouté le mal de dos, de cou, la fibromyalgie, des douleurs pelviennes, des verrues plantaires, et aussi des troubles obsessionnels compulsifs et de l’anxiété mais à un niveau assez bas pour qu’elle reste relativement imperceptible. Ado, je prenais quelques Ibubrofen avant de faire du vélo pour soulager le mal au dos qui se manifestait pendant et après cette activité. Je n’ai jamais arrêté le cheval. Aucune douleur ne pourrait m’éloigner de mon rêve.

Le temps passe, on se retrouve en 2018: j’avais 39 ans, et j’étais sous traitement pour mes douleurs depuis 5 ans (je prenais 5 médicaments différents). Cette année là je déménageais et changeais de boulot : 2 choses que j’ai regrettées par la suite, et je ne vivais que pour mes rendez-vous chez le médecin tous les 3 mois, je faisais de mon mieux pour m’occuper de ma famille mais cette année là j’ai touché le fond. J’ai eu ma première crise de panique dans l’étable, seule. Cette crise m’a conduite à découvrir le travail de Nicole Sachs pour guérir des maladies chroniques : The Cure for Chronic Pain with Nicole Sachs. Poser des mots sur mes émotions en écrivant un journal, m’éduquer sur le fonctionnement de la douleur en lisant des articles scientifiques et appliquer mes connaissances dans ma vie quotidienne m’a aidée pas à pas à briser le cercle vicieux des douleurs chroniques. Maintenant je peux faire du cheval sans avoir mal. Je peux recommencer à faire tout ce que j’aimais faire, et j’ai aussi compris que ce qui a provoqué ma toute première crise à 10 ans n’était pas la chute de cheval qui s’était produite quelques jours avant le match de basket.

Je me rappelle que je regardais une amie qui jouait sur le terrain de basket, cette même amie m’avait vue tomber de cheval quelques jours auparavant. Je suis aujourd’hui convaincue que ma première crise s’est produite alors que je revivais la chute dans ma tête en me demandant… “A qui en a-t-elle parlé? Qu’est ce qu’elle pense de moi?” .

J’avais peur qu’on se moque de moi, j’avais honte et mon cerveau m’a joué un tour avec une douleur à l’épaule. Bien tenté cerveau… Tu m’as eue pendant 30 ans…maintenant je reprends le contrôle.

J’ai toujours des raideurs occasionnelles ou mal au cou, mais une fois que je peux m’exprimer dans mon journal, que je peux méditer, et redevenir patiente et pleine de compassion envers moi même … Je n’ai plus mal.

Sur l’illustration figure le cheval qui m’avait désarconnée en Juillet dernier, la chute m’avait brisée le coccix. Pour guérir j’ai utilisé tout ce que j’avais appris sur la théorie des intéractions corps-esprits (ou STM) et 6 semaines plus tard je montais à nouveau! Pendant mes années de douleurs chroniques je me limitais à des balades à cheval de courte durée, je n’étais pas capable de porter des selles trop lourdes, et le manque d’énergie causé par la douleur me limitait si je voulais prendre des photos. Aujourd’hui, je monte au moins pendant une heure et bien plus de photos peuvent être partagées. La douleur m’a longtemps empêchée d’être moi même. Je suis de retour!

Ce que j’ai appris grace à la douleur:

Ma douleur m’a appris à être patiente. Quelque chose que mon.ma prof de 6ème me disait et qui me rendait folle. “Tara…la patience…est une vertu” J’ai encore de frissons en me remémorant sa façon de parler qui faisait trainer chaque mot 😂.
Je refusais de vivre dans l’instant présent en essayant toujours d’avoir un train d’avance sur les autres.

Ma douleur m’a appris qu’à l’intérieur de moi il y a toutes les versions de moi même plus jeune, qui souhaitent désespérément me faire ressentir toutes les emotions .”

Pour aller plus loin:

📚Pour les non initiés, ce qui est arrivé à Tara sur le terrain de basket (avoir hyper mal d’un coup à cause d’un fort sentiment de honte) peut paraitre très bizarre, voire impossible. Pourtant, c’est vrai, les émotions refoulées peuvent s’exprimer physiquement et créer des douleurs chroniques. On peut se faire pipi dessus quand on fait l’experience d’une peur intense par exemple. Toutes les émotions ont donc une réponse corporelle, parfois sous formes de symptômes chroniques. Le docteur qui a conceptualisé ça c’est le docteur américain Dr John E. Sarno , il a nommé ce phénomène STM( Syndrome de Tension Musculaire ou interaction corps-esprit). Il l’explique dans son bouquin Le Meilleur anti-douleur c’est votre cerveau.

Malheureusement tous les podcasts et les ressources que recommandent Tara sur STM, et les interactions corps-esprit sont en anglais. Le bouquin ci-dessous, plus généraliste l’a bien éclairée pour comprendre la notion d’ego. Travailler sur l’ego est important car c’est lui qui va nous empêcher d’être vulnerable et d’accepter toutes nos émotions, surtout celles qui sont les moins acceptables, comme la honte qu’a ressentie Tara,

📖 Nouvelle Terre d’Eckhart Tolle.

⚡️Cécité hystérique/trouble de conversion, lombalgie chronique⚡️

“En pleine séparation d’avec ma mère, un jour nous nous sommes criées dessus au téléphone et le lendemain je me suis réveillée avec un mal de dos. J’avais dans le dos ce que j’appelais ‘mon couteau’ une douleur aiguë située principalement à gauche dans mon articulation sacro-iliaque 

L’histoire que vous êtes sur le point de lire est une histoire de survie, une histoire de vérité. Merci à l’autrice de partager son vécu avec nous. Le texte original est en anglais, et j’ai traduit en français comme j’ai pu.

“En 2013, j’ai commencé à ressentir des douleurs extrêmes au niveau des hanches. À ce moment là de ma vie j’étais heureuse dans mon couple, mère comblée d’une merveilleuse petite fille de 8 ans, je gérais mon entreprise de produits de soins bio et ça faisait 8 ans que je faisais du yoga quotidiennement. J’avais aussi des antécédents d’anxiété, de dépression, une enfance traumatique, j’étais perfectionniste, je faisais toujours passer les autres en premier, je m’inquiétais facilement, j’étais dure avec moi même et j’étais en train de me séparer pour la troisième fois de ma mère narcissique.

Je me rappelle avoir eu ma première crise de panique à 12 ans, juste après le divorce de mes parents. Enfant j’étais responsable de mon petit frère la plupart du temps et ce jour là au lieu d’aller à l’école j’ai du rester à la maison pour m’occuper de lui car il était malade. Pendant ma crise de panique, j’ai complètement perdu la vue, on m’a emmenée chez le docteur je criais et pleurais de terreur. On m’a donnée un sédatif et je me suis réveillée avec un mal de tête, c’est là que j’ai appris que ce qui m’était arrivée s’appelait Cécité hystérique*. Mes troubles de vision et crises de panique m’ont pourri la vie pendant les 30 ans qui suivirent. Enfant, ado et à l’âge adulte je souffrais aussi de dépression, d’engourdissements, de mal au ventre, de mal au dos, aux genoux et aux poignets, d’insomnies et d’acouphènes. Tous ces symptômes rentraient dans la catégorie des STM** (Syndromes de Tension Musculaire aussi appelés Interactions corps-esprit) . Mes traitements à l’époque focalisaient sur le physique, toujours: docteurs, medicaments, repos, thérapie physique, kiné, chiropracteurs, massages, port de ceinture lombaire…

En 2013 j’étais sous un maximum de pression à la fois d’un point de vue personnel (en étant mère, entrepreneuse, dans mon mariage, et avec des problèmes familiaux) et aussi au niveau physique à cause de mon entrainement de yoga intensif et quotidien. Au fur et à mesure que mes douleurs augmentaient, j’étais de plus en plus terrifiée d’avoir à arrêter le yoga car c’était pour moi la méthode la plus efficace pour contrôler mes symptômes émotionnels et physiques. En pleine séparation d’avec ma mère un jour nous nous sommes criées dessus au téléphone et le lendemain je me suis réveillée avec un mal de dos. J’avais dans le dos ce que j’appelais ‘mon couteau’ une douleur aiguë située principalement à gauche dans mon articulation sacro-iliaque. Je n’avais jamais fait le rapprochement entre mes symptômes et ma relation avec ma mère ou notre dispute.  Les 2 années suivantes, j’étais à l’agonie. J’étais devenue si affaiblie que j’ai failli perdre tout ce qui comptait pour moi. Je ne pouvais plus ni m’assoir, ni conduire, ni faire du vélo ou du sport, je ne pouvais plus cuisiner, ni nettoyer, ni travailler, ni danser, et je pouvais à peine bouger. Je portais des ceintures lombaires, prenais des médicaments, j’ai du fermer mon entreprise brièvement, j’avais des insomnies, j’ai perdu mes cheveux et j’ai maigri de 11 kilos, j’ai perdu des ami.e.s, et je restais alitée entre chaque rendez-vous chez le médecin. On a dépensé environ 25.000 dollars pour que j’aille mieux. J’ai eu un million de diagnostics différents, rien n’a marché. Je ne pouvais plus porter ma fille, ni jouer avec elle, j’étais dépendante de tout le monde, j’étais anéantie . Mon monde s’était réduit à un tout petit cercle de personnes qui étaient restées et s’occupaient de moi et de ma famille. Tous les autres sont partis. J’étais au bord du suicide, et je priais mon mari de prendre les enfants avec lui et de partir. À ce moment là ma mère et moi nous sommes réconciliées et elle savourait le fait de s’occuper de moi et (de prendre le contrôle) de ma vie. J’étais trop malade pour faire quoique ce soit, je ne vivais plus, je subsistais.

En 2015 une amie m’a donnée le livre “Guérir le mal de dos : une relation corps-esprit” du Dr Sarno. Comment osait-t-elle!? Comme si un livre pouvait me guérir de mon mal de dos? J’ai lu quelques pages et je l’ai jeté à travers la pièce écoeurée. À cette époque, j’avais commencé à écouter plein de méditations pour soulager la douleur et j’ai participé à des ateliers et groupes de soutien pour se sensibiliser et se guérir de son enfance.

Pendant un atelier où l’on nous encourageait à exprimer notre colère brute, je me suis complètement lâchée et je me suis défoulée de toutes mes forces sans ressentir aucune douleur physique ni pendant ni après. C’est là que j’ai commencé à remarquer des tendances: certaines personnes, certains endroits, certaines situations avaient un impact sur mes douleurs.

J’ai donc décidé de lire le livre avec un point de vue différent. Je n’avais rien à perdre et pour être honnête rien d’autre à essayer non plus. J’ai lu le livre en 10 heures et j’ai pleuré comme une hystérique, j’ai crié de joie, souligné le texte, lu à haute voix à mon mari et j’ai halluciné tout au long de la lecture. Tout est devenu limpide. C’était ça. C’était mon diagnostic. C’était ce que j’avais! Après avoir lu le livre, mes douleurs ont diminué de moitié. Si ça ne m’était pas arrivée en personne, je n’y aurais pas cru. Mais c’est arrivé. Comme d’autres lecteurs de Sarno à qui s’est arrivé, j’ai été guérie par simple lecture de son livre.

J’étais au 7ème ciel et complètement obsédée par tout ce qui touche aux STM** car je voulais que tout ça disparaisse DE SUITE. Mais en fait c’est pas comme ça que ça se passe et j’avais encore beaucoup à faire. On m’a mise en contact avec une clinique à Los Angeles qui s’appelle The Pain Psychology Center et j’ai commencé des séances avec Christie, une thérapeute géniale. Pendant les 2 années qui suivirent, j’ai viré tous mes médecins, j’ai balancé mes ceintures de soutien, j’ai arrêté les médicaments et j’ai commencé à bouger. Si mes 2 années passées dans la douleur physique étaient difficiles, je dois dire que mes 2 années de guérison étaient encore plus dures. Mais ça valait le coup car j’ai tant appris et tant progressé.

J’ai commencé à dire ce que je pense, à mettre des limites, à guérir mes traumatismes de manière émotionnelle, plutôt que physique. J’étais comme une enfant qui ré-apprenait à tout faire mais lentement avec douceur et gentillesse. Je me suis “reparentée”.

Je peux enfin dire qu’à l’âge de 40 ans j’ai appris à m’aimer pour qui je suis pour la première fois de ma vie. Petit à petit, mes douleurs ont diminué. C’était lent. Et j’avais encore des crises. J’en ai toujours. Bien sûr il restait une personne qui ne me soutenait pas pendant mes progrès. J’ai du lui dire au revoir il y a deux ans pour pouvoir vivre. C’était plus douloureux émotionnellement que toutes les douleur physiques que j’ai endurées, mais c’est ma vérité.


Ça fait maintenant 4 ans que je suis guérie. L’an dernier je n’éprouvais que 10% de mes douleurs ou rien du tout selon les jours. Aucune vie n’est denuée de douleur, mais je me suis libérée de ma douleur CHRONIQUE. Je peux vivre à nouveau! Je danse, je voyage, je conduis, je mange, je fais du vélo, je travaille, je cuisine, je fais le ménage, de l’exercice et j’ai les meilleur.e.s ami.e.s et la meilleure famille du monde. Je cours partout avec ma fille qui est maintenant adolescente et qui connait tout sur les STM. Mon mari ne m’a jamais quittée.


L’étape suivante de ma guérison est d’aider les autres et de faire passer le message. Je parle très ouvertement de ce qui m’est arrivée avec mes proches et maintenant je commence à raconter mon histoire au monde extérieur. L’expression comme arme contre la suppression. L’amour comme arme contre la peur.

Mon mal physique m’a tellement appris. C’est mon signal d’alarme. Il essaie de me protéger. Il m’a bien protégée enfant, mais maintenant que je suis adulte, je peux me protéger moi même. Merci à lui.”

👩‍🏫 *On appelle maintenant la cécité hystérique Trouble de conversion ou Trouble dissociatif de conversion. Selon Wikipedia “Le terme « conversion » obtient son origine de la doctrine de Freud disant que l’anxiété est « convertie » en symptômes physiques.

📖 **On doit le concept du STM (Syndrome de Tension Musculaire ou intéractions corps-esprit) au docteur américain Dr John E. Sarno . L’idée centrale du STM est que les émotions refoulées (particulièrement les colères très fortes car être fou de rage n’est pas accepté par la société) sont la cause sous-jacente de la plupart des maux chroniques. En lisant cette histoire, et tous les traumatismes que l’autrice a traversés on comprend bien pourquoi elle porte énormément de colère en elle.

👨🏻‍⚕️👩🏿‍⚕️Il y a de plus en plus d’arguments scientifiques qui soutiennent la théorie des intéraction corps-esprits ou STM et de plus en plus de professionnels de santé dans ce domaine. Si vous cherchez un.e thérapeute qui comprend l’influence de notre état psychologique sur notre santé physique, les organismes suivants pourraient vous intéresser, mais il faut parler anglais: Pain Psychology Center, SIRPA, PPDA, TMS wiki. Sinon, vous pouvez me contacter, je suis coach certifiée en train de suivre la formation SIRPA.

⚡️Syndrome de fatigue chronique, Vertiges, Intolérance à l’histamine⚡️

Le hamster représente Ann qui subit les 3 mécanismes du stress en même temps : Fuite, Lutte, et Inhibition (Fight/Flight/Freeze en anglais). À ce moment là de sa vie elle voulait se cacher (fuite), elle se battait contre elle même (lutte) tout en bloquant les émotions pour ne pas les ressentir (inhibition).

Mon histoire originelle par Ann

Traduit de l’anglais comme elle a pu par Edith, la version originale est du côté anglais.

Est-ce que ça vous est déjà arrivé de vouloir sortir de chez vous, monter dans la voiture et conduire très loin pour ne jamais revenir? Je ne saurai compter le nombre de fois que ces pensées m’ont pollué l’esprit.

J’ai laissé certaines experiences dans ma vie me faire croire que je n’étais pas quelqu’un d’assez bien depuis l’enfance. J’ai passé des années à maladroitement essayer de m’améliorer au moins aux yeux de ma famille et de mes amis pour à chaque fois, trébucher lamentablement . Mon comportement alternait entre agressivité pour qu’on m’entende et passivité pour qu’on m’oublie. Ces experiences m’ont fait croire que le meilleur moyen pour survivre c’est d’enterrer espoirs et désirs, d’ignorer les murmures qui se pointent aux moments les plus opportuns, ces murmures susurrés par mon moi authentique qui me rappellent qui je suis et ce que je veux. C’est pourquoi j’ai réalisé que la jeune trentenaire que j’étais n’avait jamais vraiment eu envie d’être une épouse et une maman. J’ai toujours pris mes décisions en fonction d’un rôle que je me suis donné dans la vie. J’ignorais ma culpabilité viscérale en m’efforçant d’être meilleure dans ce rôle.

Ce que je ne savais pas c’est que les choix inauthentiques que j’ai fait pendant toutes ces années sont ce qui a provoqué la maladie physique qui a commencé à consumer tous les aspects de ma vie.

Les maux de tête ont commencé à l’âge de 16 ans juste après m’être remise de la pire grippe de ma vie. Les maux de tête n’étaient qu’un début. Après ça j’ai souffert du syndrome de fatigue chronique de l’âge de 20 ans jusqu’à bien après la quarantaine. La préménopause a apporté avec elle des vertiges et une intolérance à l’histamine qui m’a fait modifier mon régime alimentaire de manière drastique. Au final, plus je contrôlais mon alimentation, plus mes symptômes empiraient. Plus ça empirait, moins j’avais envie d’être là. “Comment peux tu être AUSSI égoïste, Ann!? Fais ce que tu as à faire!” Mon cerveau se débrouillait toujours pour me remettre la réalité en face.

Assise dans la salle d’attente des urgences pour la 3ème fois en 2 jours, épuisée, étourdie, et nauséeuse, j’avais envie d’être n’importe où sauf là. J’imaginais ce que ça pourrait faire de laisser derrière moi toutes celles, tous ceux et tout ce que je connais. Assez rapidement mon “juge intérieur” commence à gronder “Redescends sur terre Ann! Assume! Comment peux tu imaginer quelque chose d’aussi égoïste et d’irresponsable, surtout en ce moment? ” Je ne sais pas ce qui était pire, le fait d’imaginer tout laisser tomber ou bien le fait d’être trop faible, trop malade, et d’avoir trop peur pour le faire.

J’imaginais mon ami fidèle Madame le hamster (moi) dans sa roue avec des gants de boxes et qui se bat frénétiquement en utilisant toute son énergie pour s’extirper de sa vie. Je remarque à travers le bloc de glace qui l’entoure qu’elle bouge très lentement, les épaules voutées et les gants de boxes qui pendouillent à ses côtés. Elle me regarde avec un air des plus perdus et des plus démoralisés. Mais sur son petit visage pathétique on décèle une étincelle: “Qu’est ce qu’on va faire maintenant?” ”

J’aimerais vous dire que c’est à ce moment là que je me suis dit “Ça suffit maintenant!” mais je ne suis pas encore prête. Au lieu de ça, j’enfouis mes émotions profond, profond, profond en me demandant s’il y a encore de la place pour accueillir d’autres ombres hideuses et sombres au fond de moi. Je sens mon coeur se refermer plus que jamais, et ce faisant, une autre couche de glace vient entourer mon petit hamster intérieur tout cassé. Même toute fracturée Madame le hamster se convainquait qu’elle était protégée à l’intérieur du bloc de glace. Il faut pourtant à ce moment là retourner dans l’environnement hospitalier, retourner dans la réalité des problèmes de santé de mon mari et rentrer dans le rôle de la “bonne épouse”. Après un marathon de visites aux urgences, je suis retournée travailler pour penser à autre chose, je continuais de m’occuper de mon mari en me disant que la vie est censée être dure et que c’est mon rôle d’endurer ça.

Au final, l’univers avait prévu un tout autre programme. Qui pourrait penser qu’un calcul rénal puisse sauver une personne? En plus de nausées et de douleurs intenses, je suis plus paniquée que jamais. L’idée de laisser tomber les professeurs et les étudiants avec qui je travaille me paralyse de peur et d’anxiété. Je suis convaincue que j’ai attrapé une infection urinaire suite au calcul renal, alors je prends rendez-vous avec mon médecin traitant. Je m’effondre en larmes dans son bureau et il me remet à ma place.

Il me dit que je n’ai pas d’infection urinaire, et que mes nausées et autres symptômes ne sont pas dus au calcul renal. Il me dit qu’ils sont causés par le stress et qu’il est temps que je l’admette et que je commence à m’occuper de mon bien être physique et émotionnel.

Je pose des congés au travail et je commence à m’occuper de MOI. Je commence la marche, la méditation et je recherche de nouvelles méthodes pour traiter mes problèmes physiques. Je commence aussi mon cheminement spirituel. Au coeur de tout ça siège un besoin désespéré de trouver une solution pour guérir. La souffrance physique est une montagne russe émotionnelle. La bonne nouvelle c’est que je commence à reconnaître mes émotions mais je suis encore paralysée par la peur des symptômes et la croyance que c’est ce que je vais devoir subir pour le reste de ma vie. À ce moment là je suis consciente de mes émotions internes, cependant je continue de chercher des solutions à l’extérieur. Je suis tellement pétrifiée par la peur que je m’isole. C’est moins stressant d’être soi même dans un petit terrier. Quand je voyage et quand je me retrouve dans des endroits où je ne peux pas contrôler la nourriture, la température de la pièce, le volume sonore…etc tout devient insupportable pour moi. De temps en temps je me force à m’extirper de cette force qui me pousse à être parfaite, à faire comme il faut et à ne pas être égoïste, mais cela ne se produit pas sans grande souffrance physique.

Cette illustration représente Ann transformée, elle s’est inclinée devant les lois de l’univers et ressent de la gratitude pour chaque expérience vécue.

Une partie de mon travail spirituel consiste à pardonner aux autres, et à faire de mon mieux pour maintenir un état de paix et de bonheur intérieurs. Quand je me sens malheureuse et stressée c’est qu’au lieu de m’autoriser à ressentir les émotions, je cherche des réponses dans mon alimentation, le sport, les vitamines, les herbes et autres thérapies alternatives. Je suis sincèrement reconnaissante d’avoir trouvé en moi la force et le courage de persévérer. Ma ténacité m’a permise de réaliser que mes symptômes pouvaient être à 100% causés par mes émotions. Mon cerveau essaie tout simplement de me protéger de leurs conséquences en détournant mon attention vers des symptômes physiques.

J’ai compris que pendant des années, ma maladie était causée par le stress et par le fait que je me mentais à moi même, mais maintenant je commence à creuser plus profond que jamais au coeur de TOUTES mes émotions. Je reconnais et j’accepte tous les sentiments que j’ai enfouis au fil des années, même ceux dont j’ignorais l’existence. Je peux honnêtement dire qu’aujourd’hui je suis reconnaissante pour chaque instant de ma vie. J’ai eu énormément d’opportunités pour connecter avec mon fort intérieur, mais à chaque fois que je me détourne du chemin, une autre experience me ramène sur la bonne voie. Je sais maintenant ce qu’est ma mission, dans mon monde intérieur et dans le monde extérieur. Je sais que d’abord, je vais vivre de manière authentique, et que je vais continuer de sortir de ma zone de confort pour dire “OUI” à l’Univers. Je sais maintenant que le courage vient de la vulnérabilité. Je sais que ma vision est d’aider d’autres femmes à retrouver leur vraie nature et de transformer leurs vies.

📖 Dossier stress dans Futura Santé Pour mieux comprendre les 3 phases du stress.
📖 Bouquin: Le pouvoir de la vulnérabilité par Brené Brown (et même TOUT par Brené Brown car elle est géniale)
💻 TED Talk de Brené Brown sur le même sujet

🦋 Si l’histoire d’Ann vous a touché et que vous voulez lui écrire, je vous invite à consulter son site web (en anglais) ou à rejoindre son groupe Facebook (en anglais aussi)


⚡️Vulvodynie⚡️

Y’a un épisode de Sex and The City où la gynécologue de Charlotte lui apprend qu’elle souffre de vulvodynie et lui prescrit des anti-dépresseurs pour soigner ça, en clarifiant que les anti-dépresseurs ne sont pas pour elle mais pour son vagin! Ça veut tout dire non? Et j’ai eu exactement la même expérience de vagin déprimé, où la gynéco qui m’avait diagnostiquée à l’époque, m’avait prescrit des anti-dépresseurs pour me soulager de mes symptômes physiques alors que mentalement je me sentais (il me semblait) très bien! Dans The Shadow Side of Pain on s’interroge sur la manière dont un stress mental peut s’exprimer de manière physique. Ça nous aide à mieux comprendre comment notre corps, notre esprit et nos émotions refoulées sont connectés. Mon expérience avec la vulvodynie est un exemple CRIANT.

Je vais parler des symptômes un peu quand même, même si c’est pas hyper glam’. En gros y’a quelques années, j’avais mal à l’entrée du vagin, comme une tension en permanence mais avec une intensité variable. J’avais aussi en plus d’autres désagréments sympas qui un coup faisaient penser à une infection urinaire, un coup ressemblaient à une vaginose, un coup à une mycose etc…ça changeait tout le temps. J’ai fait plein de tests avec des médecins différents et jamais je ne suis sortie avec un résultat positif aux infections, ou IST ou quoique ce soit. En gros j’avais mal, pour rien!

Après avoir vu plein de médecins différents, j’ai fini par tomber sur une super gynéco qui m’a expliquée en m’auscultant que quand elle appuyait à un même endroit parfois je hurlais, parfois je sentais rien du tout, et ce à quelques secondes d’intervalles! Elle m’a dit :”Je sais que ta douleur est réelle, mais d’un point de vue physique, moi en tant que docteur, je ne vois rien! Tu as ce qu’on appelle une vulvodynie” . Sur le coup j’ai éprouvé une grosse résistance à son diagnostic, genre “What? Mais elle est en train de me dire que c’est psychosomatique! Mais j’ai pas ça moi, c’est pas possible!” 😤

Elle m’a donné une fiche d’information sur la vulvodynie et je suis rentrée chez moi. En lisant la feuille, j’ai reconnu mes symptômes et leur nature changeante, ça m’a aidée à accepter le diagnostic, même si j’étais pas super jouasse à l’idée de repartir avec des anti-dépresseurs. J’en parle à un copain au téléphone (David si tu me lis 😙) qui me dit “Mais t’es sûre que ça a pas un rapport avec ton ex?” …😳…les larmes me montent aux yeux direct, je sens qu’il a fait mouche. Je raccroche.

À la maison, je me mets en mode introspection. J’entame un dialogue avec moi même seule sur mon canapé. D’abord je me demande: “Qu’est-ce qui a changé dans ma vie depuis ma rupture?”. 3 choses:

  • J’avais des terreurs nocturnes la nuit, je me réveillais plusieurs fois par semaine en huuuuuurlant. Dans mes cauchemars des voleurs pénétraient chez moi. Après des années en couple, le retour à la vie seule était en fait une source d’angoisse dont je n’avais pas conscience car (en surface), je suis SUPER indépendente, j’ADORE vivre seule, j’ai besoin de personne etc…mais mon inconscient lui à ce moment là, flippait.
  • J’avais développé une espèce de phobie très bizarre. (Ne me jugez pas! 😬) J’avais peur (vraiment peur!) en mettant mes bottes qu’il y ait une araignée cachée au fond (donc à l’intérieur) de mes chaussures.
  • Mes symptômes gynéco à l’entrée du vagin.

Je me suis demandée s’il y avait un rapport avec ces 3 phénomènes, et j’ai compris qu’ils étaient tous reliés aux thèmes de l’intimité, de la vulnérabilité, de la peur. En gros j’avais peur qu’un voleur/une araignée/un mec ou n’importe quoi me fasse mal en entrant dans mon intérieur/dans mon intimité! C’est trop ouf non?

Quand j’ai compris le rapport et ce qui se passait en moi, j’ai pleuré et pleuré, j’ai accepté ma peur et ma vulnérabilité. Ma vulvodynie a disparue SUR LE COUP! Pouf! Envolée! Elle est revenue un peu quand quelques années plus tard j’ai laissé quelqu’un de nouveau rentrer dans ma vie mais grâce à mon expérience j’étais armée pour comprendre ce qui se passait, et j’ai pu me guérir en validant et en exprimant ma peur. Aujourd’hui j’ai zéro problème à ce niveau là, mon vagin n’est plus jamais déprimé! 🌈☀️

Vous voyez que ça vaut le coup d’avoir une discussion honnête avec soi même?

❤️Grâce à ma vulvodynie j’ai appris à m’accepter toute entière quand je flanche, quand j’ai peur, quand je trouve que c’est dur la vie. Il était important pour moi de m’autoriser à être moins forte que je ne voulais paraître. Quand on arrête de vivre comme on a envie d’être perçu, il y a un vrai soulagement car on ne se bat plus contre soi-même et de l’acceptation nait la résilience. 🦋

📖 Article du Huffington Post sur la vulvodynie.

📺 Episode de Sex and The City en anglais, la consultation de Charlotte c’est EXACTEMENT mon vécu. Désolée j’ai pas trouvé de version en français.

☝️Selon mon expérience, ma vulvodynie était clairement causée par des émotions refoulées et peut être même par un traumatisme passé. Si ce témoignage vous parle, consultez toujours un docteur en premier pour être sûre que vous n’ayez rien de grave. En parallèle ça ne coûte rien de prendre le temps de se connecter à soi et de se demander sans jugement “Comment est ce que je me sens vraiment dans ma vie?”

⚡️Douleur Neuropathique / Cervicalgie chronique ⚡️

Kate a gentiment partagé avec nous le récit de ses douleurs chroniques au cou. Le texte original est dans la version anglaise, j’ai fait de mon mieux pour l’adapter en français.

Sur cette illustration Kate porte un costume qu’elle a crée et cousu elle même. La partie rouge autour de son cou et sur ses épaules représente sa douleur.

📌LE COSTUME

“Ce costume représente le mal invisible dont je souffrais 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Je suis scénographe et costumière de métier et de formation. Dans mon travail au Royaume-Uni je crée des dessins et des costumes de ce genre au quotidien. Ça me paraissait naturel de representer ma douleur de cette manière. C’était aussi très important pour moi de le faire ainsi car justement la douleur m’empêchait d’exercer mon métier. J’avais dû arrêter mon travail, le dessin, la couture et la plupart de mes activités artistiques. La douleur m’avait fait perdre l’usage de mes bras et je ne pouvais même plus assister aux représentations car il m’était impossible de rester assise longtemps sur les sièges étriqués des théâtres.

Ça m’a pris du temps d’élaborer ce costume car je souffrais mais ça en valait la peine. Je voulais montrer la férocité du mal qui m’habitait car il était invisible, j’avais l’air d’aller bien en surface et je devais me battre pour me faire entendre par les médecins.

Les difficultés ont continué avec la communauté médicale et mon entourage car les gens avaient du mal à croire qu’une jeune femme d’apparence en bonne santé comme moi, se plaigne de douleurs intenses et ne puisse pas travailler à cause de ça. En créant ce costume, j’ai senti que je prenais une revanche contre toutes les fois où j’avais du m’expliquer. Ça m’a rendue plus forte.

Une fois terminé, le costume a été offert par une collègue à l’association Something Chronic que j’ai fondée, et il a eu un impact énorme sur tout le monde.
Le caractère très humain d’une douleur qu’on peut voir et porter, même posée comme ça sur un mannequin immobile a eut un effet très puissant, et reste à ce jour notre outil le plus efficace pour sensibiliser le public aux douleurs chroniques.

📌LA CONNEXION CORPS-ESPRIT

“Au moment où j’ai découvert John Sarno et les interactions entre le corps et l’esprit ça faisait 7 ans que je souffrais de douleurs chroniques (7 ans! Assez pour se déclarer morte non?). J’avais subit toutes les procédures médicales qui puissent exister et avalé tous les pires médicaments possibles. J’étais désespérée. Mon dernier recours était de subir des injections dans les articulations facettaires (dans la colonne vertébrale) et des piqûres botox dans les zones d’où la douleur semble partir. Mon dos était marqué de partout au stylo, je ressemblais à un jeu où il faut relier les points pour faire un dessin! Mais quelques jours avant Noël, ce jeu ne m’amusais pas du tout. L’anesthésie m’a probablement donnée quelques jours de grâce puis la douleur a rattaqué de plus belle. Les courses de Noël n’ont pas aidé!

Ce fut un tournant décisif. J’allais très mal, je souffrais de dépression et je me suis retrouvée au plus bas quand mes douleurs sont revenues après l’operation. Je me rappelle essayer de promener mon chien et me retrouver sans bouger dans le pré à sangloter. J’ai à ce moment là rencontré une copine qui elle aussi promenait son chien. Elle avait perdu sa mère une semaine auparavant. Jackie était très importante pour moi et encore plus pour la vie du village, mais à cause de mes douleurs et de mon désespoir, émotionnellement j’étais plus mal encore que sa fille.

Benji, le chien de Kate ❤️

Quelque chose devait changer.

Je connaissais Nicole Sachs et son travail avec John Sarno mais ça ne m’avait pas fait tilter. Je suis rentrée à la maison et j’ai regardé une de ses vidéos sur YouTube. Je me suis tout de suite sentie soulagée émotionnellement mais la douleur persistait. Là, j’ai réalisé que je devais vraiment m’y mettre.

J’avais le bouquin de John Sarno Healing Back Pain en livre audio mais j’avais trop peur de l’écouter. Je pense que j’avais peur qu’une autre méthode échoue, j’étais vraiment à bout. Cependant, encouragée par le fait d’avoir été vraiment soulagée par la vidéo de Nicole, j’ai pris mon courage à deux mains, et je suis allée dans les bois avec mon chien pour écouter le livre audio de John Sarno qui explique comment soigner le mal de dos. Avec Benji l’épagneul à mes côtés, je me suis sentie assez forte pour accepter le message et j’ai été choquée de voir à quel point je me retrouvais dans ce livre.

Le lendemain, la douleur avait diminué et j’ai réussi à m’imaginer dans le futur vivre une vie sans douleurs dans le cou. C’était quelque chose que je n’arrivais même pas à envisager auparavant. Ça faisait tellement longtemps que la douleur s’acharnait sur moi. Je me suis sentie plus légère.

La nuit suivante je me suis réveillée en ayant mal mais étonnamment, je suis arrivée à parler à mon cerveau, et à ordonner à l’endroit douloureux d’arrêter de faire mal. Ça a fait sortir la douleur de mon épaule et de mon dos comme du dentifrice. J’étais choquée de voir que cette technique marchait!

Tous les jours depuis je me sens un peu plus légère. J’éprouve encore de la douleur parfois, mais je sais que je suis en voie de guérison totale.

📌LES ÉMOTIONS REFOULÉES

Je savais que le harcèlement que j’ai subi à l’école et au cours de danse classique était une grande cause de stress pour moi, pourtant je refusais de voir que ça puisse avoir des répercussions dans mon corps sous forme de stress et de colère refoulés. Un des problèmes-clef était mon statut de freelance au théâtre alors que les gens de mon âge grimpaient les échelons dans leur travail de bureau plus “normal” et trouvait du boulot sans avoir à se déplacer très loin. Ça s’est aggravé quand ces personnes m’ont rejetée à cause de mon statut. J’étais tellement stressée que naturellement j’ai fini par internaliser ces critiques et me reprocher ce qui s’était passé. J’éprouvais une colère folle parce que malgré la masse de travail abattue et d’énormes sacrifices, ma vie n’en était pas là où je voulais qu’elle soit et je me retrouvais forcée à me comparer à (soyons franc) des gens horribles!

J’incarnais le profil type de la perfectionniste ambitieuse. J’avais toujours été bonne en tout , je brillais à l’école et dans mes études supérieures en faisant beaucoup d’activités extra scolaires. La colère que j’éprouvais contre ma douleur chronique que je ne pouvais pas contrôler envenimait la situation.

Ce que j’ai appris grâce à ma douleur neuropathique c’est que personne ne peut plus jamais me faire de mal! J’ai tellement appris et mon corps a tellement souffert que tout ce qui peut m’arriver semble anecdotique en comparaison.

👩‍❤️‍👩 Kate a crée l’association caritative Something Chronic, REimagining Chronic Pain Through The Arts en Angleterre avec son amie de toujours Alice. Something Chronic est une asso qui utilise les creations artistiques pour sensibiliser le public aux douleurs chroniques. Elle offre une interface inclusive aux souffrants pour leur permettre de partager leur vécu à travers des oeuvres artistiques contemporaines originales et inspirantes.

📖Entretien avec John Sarno traduit en français (y’a très peu de ressources en français malheureusement).
📺Nicole Sachs sur YouTube (en anglais)
🖥 Thank you, Dr. Sarno est un site qui rassemble les témoignages de tous les patients guéris grâce à l’approche de Sarno qui connecte corps et esprit.



⚡️Eczéma⚡️

L’eczéma j’en ai depuis que je suis toute petite. C’est un peu ma croix à moi. J’en aurais toujours et c’est comme ça. Un jour un médecin m’a dit de pas chercher à comprendre car c’est atopique, c’est dans mes gènes. J’ai dit ok.

Même sans chercher activement à comprendre, au fil de la vie j’ai quand même remarqué que quand j’avais de grosses crises c’était dans des moments où j’étais stressée, ou “mal dans ma peau”.

J’ai eu beaucoup d’eczéma aux mains y’a quelques mois, comme sur l’illustration au dessus. Je trouvais ça bizarre car je n’étais pas stressée au travail, et au contraire je me sentais bien dans ma vie. J’ai pas pu m’empêcher, j’ai eu envie de comprendre…

Je me suis assise et j’ai observé mes mains. L’eczéma bouge souvent sur le corps selon les crises et là c’était la première fois que j’en avais entre les doigts sur toute la longueur de chaque coté des doigts, et sur la partie haute de la paume de ma main. J’en avais aussi un peu sur les os du poing. Au moment où j’ai pensé le mot “poing” mon intuition m’a fait comprendre que j’étais sur la bonne piste…

J’ai fermé le poing, et je me suis dit “Tiens, c’est marrant, quand je ferme le poing, on voit plus mon eczéma! Tout mon eczéma est contenu dans mon poing!” Et là…révélation! 💡J’ai tout compris! J’ai levé la tête et j’ai dit “C’est ma colère! L’eczéma, le poing qu’on lève, le poing qui frappe c’est ma colère” ✊👊

Et c’est vrai qu’à ce moment là je lisais beaucoup d’ouvrages féministes, et certains m’ont fait réaliser des choses très fortes sur la condition des femmes et ont éveillé en moi des vagues de rage, souterraines mais bien présentes dans mon ventre que j’ai immédiatement refoulées car je ne savais qu’en faire de cette colère, ni contre qui la tourner.

Ce que j’ai appris grâce à mon eczéma c’est qu’éprouver de la colère c’est bon signe, ça veut dire que je compte, que je vaux quelque chose, que j’ai des limites, que je prends ma place.

Après avoir fait le rapprochement entre ma colère et mon eczéma, j’ai libéré l’émotion en me battant contre les coussins (complètement innocents) de mon canapé , en hurlant des insultes dans le vide, en disant que c’est pas juste, en pleurant… J’habite toute seule, alors c’est très pratique, je peux péter un câble tranquille sans affoler personne! Pi vite, j’ai dû aller au travail…

Une fois au boulot, je regarde mes mains, l’eczéma avait disparu. Pouf! comme ça! Ma peau restait sèche aux endroits affectés mais y’avait plus d’eczéma. Comme quoi, ça vaut le coup parfois de chercher à comprendre…

📚Ci-dessous, une petite liste des oeuvres féministes qui m’ont ouvert les yeux sur la société patriarcale dans laquelle on vit. Je voudrais remercier les autrices pour leur travail essentiel.

📌Sorcières : La puissance invaincue des femmes de Mona Chollet aux éditions La Découverte . Révolutionnaire.
📌Tout le travail de l’autrice Emma, en général, mais surtout les planches sur La charge mentale (ma vie a changé en lisant ça), la charge émotionnelle et sa présentation TEDx.
📌La BD (hilarante et radicale) I’m every woman de Liv Strömquist, aux éditions Rackham et aussi Les Sentiments du prince Charles de la même autrice que j’ai pas encore lu mais qui est sur ma liste.
📌Le brillant podcast Les couilles sur la table de la journaliste Victoire Tuaillon chez Binge Audio.

⚡️Mal de dos et de cou⚡️

Voici l’histoire de Neal, c’est lui qui raconte et j’ai traduit comme j’ai pu.

“Cette image représente la partie supérieure de mon dos et mon cou (en particulier le côté droit) comme étant contaminée et ravagée par de la rouille qui prive mon corps de ses fonctions naturelles et de sa capacité de mouvement. Ma colonne est illustrée avec des maillons de chaîne qui, succombant à la rouille, vont commencer à se briser et à mal fonctionner pour faire de moi un individu dont les capacités physiques sont réduites; comme le bûcheron-en-fer-blanc dans le Magicien d’Oz lorsqu’il est a désespérément besoin d’huile pour pouvoir bouger à nouveau.

J’ai vécu 11 ans avec des douleurs vives dans la nuque suite à une agression physique pour laquelle je n’étais pas préparé et contre laquelle je n’ai pu me défendre sur le moment. Enfant, j’ai été victime d’attaques similaires dans ma famille et il n’est pas exagéré de dire qu’une grande partie de mon enfance s’est déroulée dans un état de grande nervosité. Craindre pour ma sécurité et mon bien-être à la maison était devenu la norme, des tensions dans mon corps et dans ma tête n’étaient jamais loin de la surface.

Je suis convaincu que l’agression que j’ai subie à l’âge de 34 ans a ravivé en moi une vague de tension oubliée depuis longtemps. Comme si quelque chose qui était endormi dans mon esprit avait été libéré et s’était répandu dans mon corps pour finalement élire un nouveau domicile dans mon cou et mon dos.

Après tant d’années et d’argent dépensé à rechercher et tester toute une gamme de traitements pour réduire ma douleur, mon corps a (enfin!) répondu de manière inespérée. Je me sens à peu près “normal” maintenant grâce à un traitement physique et une écoute attentive de mon corps dans l’instant présent (présence attentive/pleine conscience), même si j’éprouve parfois encore des restrictions et différents degrés de tension musculaire. La rouille récidive mais peut être minimisée, même éradiquée avec les bons outils. Mon corps reste un travail en cours en quelque sorte, quelque chose sur lequel je suis content de pouvoir compter.”

📌Dans son témoignage, Neal raconte le lien entre ses douleurs physiques, ses traumatismes d’enfant et la peur. Le corps aussi a une mémoire. Si nos corps se rappellent automatiquement comment faire du vélo, du ski, comment marcher, comment crier ou courir quand on est en danger, nos corps peuvent utiliser le même mécanisme de défense (tension/douleur/sensations désagréables) lorsqu’on se retrouve confronté à une situation qui nous rappelle un évènement passé traumatisant. Nos corps accumulent et conservent des informations pour mieux nous protéger.
🤡Exemple con: après une cuite à la liqueur de Litchi à 18 ans, il m’a fallu des années pour pouvoir manger du litchi en tant que fruit tout simple sans avoir la nausée! J’ai même failli vomir une fois à Noël en en trouvant dans ma salade de fruits! Bref…!

 📚 Pour plus d’informations sur l’impact de nos traumatismes sur le cerveau, l’inconscient et le corps, je recommande Le Corps n’oublie rien: Le cerveau, l’esprit et le corps dans la guérison du traumatisme du Dr Bessel van der Kolk.